Rechercher

Une fin de semaine dans le « Cameroun profond »....


Bonjour chers parents et amis,

Notre fin de semaine de voyage nous a permis de découvrir un peu le « Cameroun profond ».... Nous avons traversé la vallée du Bô où nous commençâmes à apercevoir non plus la brousse mais la savane. Cette savane africaine, plus sèche et moins verdoyante nous présentait des paysages d’où nous n’eûmes pas été surpris de voir surgir un lion, une girafe ou quelques gazelles!


Les couleurs passent lentement du vert profond à l’ocre puis au rouge sang de la terre!

Après avoir affronté la montée en « s » à flanc de montagne où chaque détour proposait une surprise nouvelle... —voiture à contre sens à bonne vitesse, camion dix roues gravissant péniblement la raideur de la pente en crachant une fumée noire et dense, adultes et enfants à pied portant sur la tête de lourdes et hétéroclites charges, moto chevauchée par, 4,5,6 et même 7 personnes incluant des tout petits....—Tout en haut, nous découvrons un décor brumeux de cimes et de profondes vallées et le long de la route, comme aux flancs des pentes, des nouvelles cases (maison) toutes faites de larges briques rouges rugueuses comme le climat!


En altitude, c’est plus frais.... Marie me dit « monte la vitre, j’ai froid! »; elle a raison on sent vraiment la fraîcheur!!! Et un coup d’œil au thermomètre de la voiture le confirme, il ne fait « que » 25 degrés!!


La route, plus encore que nous en avons maintenant l’habitude est oblige notre excellent conducteur à une attention de chaque instant en plus d’une conduite en Zigzag comme un skieur olympique!


Les dos d’ânes, les pneus, les trous, tout nous ralenti et à chaque ralentissement on se jette sur la voiture pour nous offrir tantôt du manioc, tantôt des arachides, ici des papayes ou des ananas, là des plantins ou des bananes sucrées. « Eh le Blanc, c’est bon pour toi, il faut m’encourager un peu là! »


Il suffit d’un « bonjour » d’une salutation, d’un signe amical pour voir jaillir un sourire contagieux !


Des barrages policiers aussi changent le tempo; le plus souvent les policiers voient les frères et les saluent en nous laissant passer.


C’est en arrivant à l’un d’eux que Marie a expérimenté tout le sérieux de la consigne de ne pas prendre les policiers ou militaires en photo!! Pauvre elle qui ne cherchait qu’à photographier, à ma demande, la paroisse « Ste Rita » pour mon ami dévot de cette sainte.


Et les surprises ne manquent pas, on a même croisé un troupeau de bœufs à longues cornes sur la route!

Périodiquement, nous nous arrêtons pour manger dans des « restaurants » connus des frères qui nous conseillent sur quoi prendre et quoi éviter! Ici, on apprend à distinguer la faim et l’appétit, on mange souvent par faim, mais sans grand appétit...

Notre route nous a menés visiter deux chefferies traditionnelles dans deux régions; celle des Bamileke et celle des Bandjoun. On y visite des musées, on nous y parle d’histoire de la tribu et de ses rois.... de leurs très nombreuses épouses, de la forêt sacrée, des traditions etc...


Nous visitâmes aussi un sultanat où le roi de tous les Bamouns, ses sujets, - quelque soit leur religion - est aussi le chef spirituel des musulmans, donc roi et sultan à la fois. Nous eûmes la chance de l’apercevoir (ce qui n’est pas fréquent) et de voir un peu du déploiement festif et militaire qu’encoure sa présence.


Au sortir du sultanat, c’est le marché! Des couleurs, odeurs, et bruits s’entremêlent et nous étourdissent, on voudrait tout voir, on ne le peut pas... Tous voudraient que nous leur achetions quelque chose, ils insistent.... comment leur en vouloir, nous avons tout et ils n’ont rien! J’y achète une canne sculptée.... un souvenir qui s’impose presque étant donné « l’aventure »de ma cheville.... mais c’est symbolique car je peux maintenant marcher sans l’appui d’une canne lorsque le sol est plat :)


Le frère Denis-Antoine est partout reçu en grand, il est connu et reconnu, on l’apprécie sincèrement et lui manifeste, à l’africaine: chaleureusement.


C’est lui qui nous fait découvrir toutes ces choses, guidés également par le frère Sylvestre, infirmier et, pour l’occasion, chauffeur expert. Nous sommes très reconnaissants.

L’infirmier, Fr Sylvestres

C’est dans un monastère cistercien que nous dormons, très loin des activités et du bruit des villes et villages. Là, la nature nous présente de nouveaux atours. Le chant assourdissant de milliers d’oiseaux salue l’aube après que la nuit noire et silencieuse ait achevé de couvrir notre sommeil, un peu inquiet.... on est si peu habitué au vrai silence!


Pour notre retour, nous empruntons une autre route, d’autres paysages nous font redécouvrir, de proche en proche, la verdoyante et luxuriante brousse à laquelle nos premières semaines nous ont habitués. Et puisqu’il a un peu plu, tout au long du chemin les caféiers sont en fleurs et exhalent un parfum délicat.


Au coucher du soleil, après plusieurs heures de route nous traversons enfin le village désormais familier de Melon II .... alors, nous avons l’étrange impression d’entrer à la maison!


————————————-


Bientôt nos impressions du village de Kékem, là où sera construite la clinique médicale