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« La magie africaine »

Quand je pense à certains de nos échanges quotidiens ici, je ris en me disant qu’on ne les aurait certainement pas tenus au Canada : – Je vais voir le sport…. – Fais attention aux serpents! Ou encore, – Tue la grosse araignée sur le mur! – Elles vont vite ces araignées là… et ils m’ont dit qu’elles mordaient… Je ne dois pas la rater. – Prends ta babouche. – Bonne idée! « Paf! » – O.K., tu l’as eu. Ou bien, – Je n’écraserai plus les grands mille-pattes géants dans la chambre. – Pourquoi? – Il sont tellement énormes, c’est trop long nettoyer ensuite… désormais, je leur donne un petit coup de pied, ils s’enroulent sur eux-mêmes et ils peuvent être poussés dehors sans problème.

Mais au-delà des dialogues atypiques, ce qui nous frappe le plus, alors que nous avons franchis le cap de notre premier mois en terre africaine, c’est le fait que nous ne réalisons plus que nous sommes avec des personnes noires de peau. Ce qu’on remarque, ce sont les traits du visage, les expressions… quand ont fait fi de la couleur, nous sommes si semblables.


Et voilà que décembre est arrivé, le froid la neige chez nous… Le début de l’Avent.  Ici c’est toujours l’été et la chaleur, sous le soleil de plomb de l’après midi,  devient accablant. Malgré les défis et difficultés inhérents à la situation (fréquentes coupures de courant; Internet occasionnel et très lent, par exemple), nous sommes toujours aussi reconnaissants d’être ici!


Lundi dernier nous avons franchi une grande étape en obtenant nos cartes des séjour, Marie et moi, comme coopérants. Ces cartes, valides pour 2 ans et renouvelables 3 fois nous permettront de séjourner au Cameroun sans visa avec des entrées et sorties du pays facilitées. Si nous le désirons, après ces 6 années, nous pourrons obtenir notre « résidence » au Cameroun. Nous avons été très chanceux puisque les démarches pour l’obtention de ces cartes peuvent parfois être longues et fastidieuses. Pour nous ça été comme sur des roulettes… rapide et efficace!!


Le projet de clinique continue d’avancer, nous espérons la première « pelleté de terre » avant notre prochain blogue. Il y a beaucoup à voir, mais les choses suivent leur cours. En Afrique, la vertu de patience est souvent mis à l’épreuve, mais les choses finissent par se faire quand la bonne volonté est là et, dans notre cas, elle ne manque ni de la part des frères ni de la nôtre! « Petit à petit, l’oiseau fait son nid » nous répètent les africains. Et on nous assure que nous verrons « La magie africaine », pas celle des sorciers, mais bien le fait que les choses finissent par voir le jour même si les obstacles sont nombreux.


Nous avons aussi vécu des choses nouvelles, j’ai eu l’occasion de conduire le minibus des frères sur un « long terrain vague » particulièrement cahoteux qui nous donnait l’impression en le traversant que nos organes internes ne seraient plus aux mêmes endroits une fois le terrain traversé… une expérience très agréable!! Marie et moi avons également rencontré un chef de tribu qui, lorsqu’il a su que nous étions « Magné et Tagné » (parents de jumeaux), a tenu à me monter comment ils avaient coutume de manifester leur hommage à ces personnes considérées comme bénies ici. Ainsi, il me prit les deux mains et cracha sur chacune. Je n’avais jamais eu la chance d’être ainsi « honoré ». Quant à elle, Marie déclina l’hommage!

Une des plus belles expériences des dernières semaines fut d’avoir le privilège d’emprunter la nouvelle autoroute entre Douala et Yaoundé (non encore officiellement ouverte). Cette route de près de 200 km est en pleine jungle, le décor de part et d’autre est luxuriant de verdure diversifiée et parsemé de grands baobabs!! C’est vraiment magnifique. En plus nous y étions à toute fin pratique seuls. Nos amis camerounais avaient raison de dire que c’était un « raccourci ».

Lors de ce voyage dans les capitales (économique et politique), Marie a eu l’occasion de donner une formation à des jeunes femmes sur les choix de vie, professionnels, personnels etc. De mon côté, j’ai aussi donné une présentation à des jeunes adultes en plus des cours que j’ai redonné aux nouveaux jeunes frères de Yaoundé qui n’avaient pas encore eu l’opportunité de les suivre. Nous sommes toujours touchés par leur reconnaissance. Nous avons l’impression de faire si peu et pourtant ils nous traitent comme si nous faisions beaucoup.


En terminant, je vous partage cet échange d’hier soir avec un jeune frère qui mangeait son repas, comme ils le font ici souvent, avec ses doigts: - Au Canada, vous mangez avec les doigts? – Non. – Ah! Alors il faudra essayer… tu dois essayer. – Tu sais on mange les sandwich, les hamburgers et même les pizza parfois avec les doigts chez-nous. – Ca, ça ne compte pas, ce sont comme des grignotines… Non, avant de quitter il te faut manger avec les doigts… – On verra.


Au plaisir d’avoir de vos nouvelles. La meilleure façon de nous écrire est sur WhatsApp mon numéro au Cameroun est le +237 678 31 24 59 (nous ne pouvons pas toujours avoir accès aux autres média de communication)


Paul-André et Marie