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Fièvres et Fêtes

Chères familles, chers amis, bonjour!! Nous tenons, Marie et moi, à nous excuser pour le délai un peu plus long que d’habitude avant de vous écrire; en effet, nous avons été un peu malades. Marie a fait la fièvre typhoïde et moi la malaria avec des traces de typhoïde. Nous avons cependant été bien soignés en prenant les antibiotiques nécessaires et les injections contre la malaria, si bien que nous voilà de nouveau en pleine forme!

Le mois de décembre a par ailleurs été fertile en nouvelles expériences africaines. Par exemple, nous avons vu un de nos amis qui gambadait d’un bosquet à l’autre, tout content. En fait il était en train de ramasser de très gros grillons dans une bouteille. Ces mêmes grillons furent « sautés à la poêle » et nous furent servis en accompagnement au souper. Moi qui avais eu la chance d’en déguster quelques-uns (beaucoup plus petits) il y a plusieurs années quand l’insectarium de Montréal était venu faire une démonstration dans une de mes écoles, j’ai tenté à nouveau l’expérience et j’ai bien aimé… à l’exception de la sensation des longues pattes en bouche. Marie de son côté, devant l’insistance de nos amis africains, a fini par goûter un morceau, sans enthousiasme cependant.


Est-ce que nous vous avions mentionné que les frères sont friants de beurre d’arachides? En fait, ils en raffolent. Nous partageons volontiers le nôtre, mais les frères hésitent à se servir autant qu’ils le voudraient pour ne pas épuiser notre petite réserve. Il nous est donc venu à l’esprit de leur demander pourquoi ils n’en produisaient pas. Ils nous ont dit qu’ils arrivent à faire de la pâte d’arachides (d’ailleurs souvent utilisée dans les recettes ) mais pas de beurre d’arachides. Nous nous sommes donc mis en chantier culinaire et nous avons fait du beurre d’arachides occidental à la camerounaise! La recette? Faites griller les arachides dans la poêle, broyez les, ajouter de l’huile d’arachides, du sel et un peu de miel et le tour est joué, vous avez un beurre d’arachides qui n’a rien à envier à celui de M. Kraft!


Nous avons aussi vécu quelque chose de très étrange. Alors que nous passions par le centre du village de Barré, nous avons dû nous arrêter pour une bien curieuse cérémonie. Il s’agissait de la « levée du corps » d’un défunt. -La levée du corps est une étape importante des cérémonies funéraires africaines.- Cependant, dans ce cas précis, le défunt était un jeune adulte mort dans un accident de moto; alors, pour lui rendre hommage, les jeunes du village ont transporté son cercueil sur une moto suivi d’une course « folle » de motos dans la rue principale. Les motos avec plusieurs passagers allaient dans tous les sens. Plusieurs engins étaient « décorés » de longues palmes de plusieurs mètres ou encore de cordes qui traînaient derrière les motos sur le sol. Les deux côtés de la rue étaient remplis de curieux de tout âge…. Quel spectacle!! Or, quand deux motos ont fait un face-à-face (ce qui nous apparaissait inévitable!) après avoir crié, les gens se sont calmés et la vie a repris son cours normal. Heureusement les deux pilotes s’en sont sortis sans blessures graves.


Curieusement, la maladie a permis que nous développions une belle amitié avec « Maman Céline »; une femme formidable avec une vie aux multiples facettes. Elle est d’une grande générosité puisque après avoir eu des jumeaux (dont un seul a survécu), elle a adopté près de 40 enfants de la rue. Elle prend charge de chacun comme une mère, ne ménageant aucun effort. Elle travaille au champ pour cultiver, elle a une fermette avec chèvres, moutons, lapins, poules et cochons. En plus nous avons appris récemment qu’elle était reine de sa tribu. Infirmière de profession, elle soigne constamment les gens qui l’entourent et la sollicitent. Très prochainement, elle sera décorée par l’Etat pour son travail auprès des groupes de femmes du Cameroun. Nous avons eu la chance de passer une partie de la journée de Noël chez elle avec un grand nombre d’enfants… Sur la photo, elle est derrière, à gauche, avec un t-shirt rayé noir et blanc.


Noël noir…. Impossible de passer sous silence la très étrange soirée du 24 décembre que nous avons vécue ici. Évidemment, le climat, la végétation tropicale et la saison sèche sont peu enclin à nous faire sentir que Noël approche. En plus, ici au village, on ne parle pas de cadeaux. Noël est d’abord une fête religieuse. Quand on demande aux enfants pourquoi ils attendent Noël, ils nous répondent que Jésus va naître, qu’on va manger et danser. Le soir du 24 il n’y avait pas d’électricité dans le village, ce qui arrive assez souvent ici. Nous nous sommes rendus à l’église paroissiale à la « flash light » et une fois à l’intérieur nous ne voyions presque rien. Ensuite des bougies ont été placées sur le dossier de certains bancs et une lumière blafarde, mêlée de la fumée de l’encens a envahi l’église. Le tam-tam, les chants et les danses ont commencé.

On a célébré un Noël ou rien ne se rattachait à ce que nous connaissons hormis les « glo-o-o-ria » des cantiques. À la fin de la messe, au moment de l’échange de la paix, la lumière est revenue et nous avons pu voir les beaux pagnes, les décorations, les belles coiffures, surtout des petites filles. Nous avions le sentiment de vivre Noël à la crèche cette année alors que par le passé nous le vivions plutôt dans le palais d’Hérode…

En ce qui concerne le chantier de la clinique, on peut dire que c’est bien commencé. Le terrain a été bien travaillé par les camions lourds, le contour des fondations a été tracé sur le terrain et le ciment sera bientôt coulé. Nous espérons voir les fondations de ciment entièrement coulées avant notre départ prévu pour le 27 janvier prochain.


Sous peu commencera le tournoi de soccer pan-Africain. Un événement qui est dans toutes les conversations puisqu’ il se tiendra ici, au Cameroun! Le soccer est le sport national et l’équipe du Cameroun, les Lions Indomptables, semble être en bonne posture pour se rendre loin dans la compétition, ce qui attise grandement la passion des supporteurs!


Maintenant que nous avons franchi plus de 9 semaines de notre séjour, nous réalisons que c’est en Afrique que nous avons fait la plus longue période en continue hors de notre foyer. Grâce à nos amis nous comprenons de mieux en mieux « l’esprit africain » avec ses grandeurs et ses défis. Nous comprenons aussi davantage comment notre expérience et nos expertises pourront servir, et ce que nous devons faire pour ce si beau peuple, pour ses enfants et son avenir. En terminant, il nous reste à vous souhaiter une belle et sainte année 2022! Comme on dit ici : « On est ensemble! »